La commémoration de la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions rassemble chaque 10 mai des milliers de personnes à travers la France. À Villeurbanne, au parc des droits de l’homme, Africa50 Lyon a vécu une mobilisation exceptionnelle en 2026 malgré les intempéries, confirmant l’ancrage profond de cette mémoire dans notre territoire lyonnais et l’engagement résolu de notre association pour la transmission de cette histoire.
Pourquoi le 10 mai reste une date essentielle pour Lyon et Villeurbanne
Instituée par la loi Taubira en 2001, la journée du 10 mai marque l’adoption par la France de la loi reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité. À Lyon, métropole au carrefour des échanges européens, cette mémoire trouve une résonance particulière. Le parc des droits de l’homme de Villeurbanne, symbole des luttes universelles pour la dignité, accueille depuis plusieurs années cette commémoration avec une solennité mêlée de fraternité.
Pour Africa50 Lyon, cette date incarne bien plus qu’un rendez-vous annuel. Elle représente le pilier central de notre engagement mémoriel, celui qui rassemble nos partenaires associatifs, nos élus locaux et le public rhônalpin autour d’une cause commune. L’édition 2026 a une nouvelle fois démontré que la mémoire de l’esclavage mobilise, interpelle et unit au-delà des générations et des origines.
Quelle place occupe la commémoration du 10 mai dans le calendrier mémoriel français ?
La journée du 10 mai s’inscrit dans un écosystème mémoriel complexe où coexistent le Tata sénégalais de Chasselay du 11 novembre, le Mémorial de la Doua du 1er novembre, ou encore les hommages aux tirailleurs africains. Chaque date nourrit une mémoire spécifique, complémentaire et nécessaire. Le 10 mai, cependant, possède une dimension pédagogique et citoyenne unique. Il ne se limite pas à l’hommage aux combattants mais interpelle l’ensemble de la société sur les fondements économiques, politiques et culturels de l’esclavage colonial.
À cette occasion, notre association a pu échanger avec de nombreux visiteurs sur les enjeux de la transmission intergénérationnelle. Les familles lyonnaises, les collectifs scolaires, les associations de quartier se sont succédé pour déposer des fleurs, écouter les lectures et participer aux débats. Cette diversité de publics confirme que la mémoire de la traite négrière appartient désormais à l’histoire partagée de notre région Auvergne-Rhône-Alpes.
Une mobilisation massive malgré la pluie, symbole d’un engagement inébranlable
Les conditions météorologiques de ce dimanche 10 mai 2026 auraient pu décourager les plus frileux. Pourtant, dès les premières heures de l’après-midi, les allées du parc des droits de l’homme se sont peuplées de parapluies multicolores et de ponchos improvisés. Cette foule dense, silencieuse puis vibrante lors des prises de parole, nous a profondément marqués. Elle témoigne d’une évolution sociétale notable : la mémoire de l’esclavage n’est plus une préoccupation marginale mais un élément structurant de la conscience citoyenne à Lyon.
Nous avons accueilli avec une reconnaissance particulière la présence de la Mairie de Villeurbanne et de ses élus, dont l’engagement pour ces questions mémorielles ne se dément pas d’année en année. Leur présence physique, sous la bruine persistante, a donné un relief institutionnel fort à cette cérémonie. Elle affirme que les collectivités territoriales du Grand Lyon portent désormais cette mémoire comme un élément de leur politique culturelle et éducative.
Comment la présence du Consul Général du Sénégal a enrichi la cérémonie ?
La participation du Consul Général du Sénégal à Lyon a conféré une dimension internationale et diplomatique à notre commémoration locale. Son intervention a rappelé les liens indissolubles entre la mémoire française de l’esclavage et les nations africaines d’où partiront les combatants pour la liberté. Les échanges que nous avons pu avoir avec lui ont souligné le rôle essentiel des diasporas sénégalaises, maliennes, ivoiriennes, béninoises et tant d’autres dans l’animation de cette mémoire vivante à Lyon.
Cette présence diplomatique nous a également permis d’évoquer les enjeux contemporains de la coopération entre la France et le Sénégal dans le domaine éducatif et mémoriel. Les jeunes générations lyonnaises, quelles que soient leurs origines, ont besoin de repères factuels pour comprendre les dynamiques actuelles de migration, de solidarité internationale et de reconnaissance des apports africains à la civilisation mondiale.
Gratitude et perspectives, ensemble vers une mémoire plus vivante
Cette édition 2026 nous laisse une impression durable de gratitude et de responsabilité. La gratitude envers toutes les associations partenaires qui ont préparé cette manifestation avec nous, envers les représentants du CMRA, de l’ABRA, de l’ANAN, de l’ABL, de l’APAL et de tant d’autres collectifs qui font la richesse associative africaine à Lyon. La gratitude envers les amis de l’Afrique, ces alliés essentiels qui ne partagent pas notre histoire familiale mais choisissent de la porter avec nous.
Cette mobilisation sous la pluie, nous l’interprétons comme un signe fort. Un signe que le message porté par Africa50 Lyon depuis sa création trouve son chemin. Un signe que les Lyonnaises et Lyonnais ont compris l’importance de cette mémoire pour la construction d’une société plus juste, plus lucide sur son passé colonial, plus ouverte à la diversité de ses racines. Les échanges informels que nous avons eus avec des participants après la cérémonie confirment cette évolution. Des jeunes nous ont confié découvrir ces épisodes historiques pour la première fois, des aînés ont partagé leurs souvenirs familiaux de transmission orale, des enseignants ont réclamé davantage de ressources pédagogiques.
Ces conversations nourrissent notre détermination à aller plus loin. L’année 2026 ne sera pas une parenthèse mais une étape dans un parcours continu. Nous préparons déjà les prochaines actions de notre association, avec l’ambition de toucher encore davantage de publics, de diversifier les formats d’échange et de renforcer les liens avec les institutions éducatives du Rhône et au-delà.
Continuer l’œuvre de mémoire au-delà du 10 mai
La force d’une commémoration ne se mesure pas seulement au nombre de participants le jour J, mais à sa capacité à générer des effets durables dans les mois qui suivent. C’est pourquoi Africa50 Lyon s’attache à construire un programme d’actions tout au long de l’année 2026. Des projections documentaires, des débats scolaires, des publications pédagogiques et des partenariats avec les structures culturelles lyonnaises viendront compléter ce rendez-vous annuel du 10 mai.
Nous invitons toutes les personnes sensibilisées par cette commémoration à nous rejoindre, à suivre nos activités sur notre site et à participer aux prochains événements que nous organiserons. La mémoire de la traite négrière et de l’esclavage mérite cet engagement continu. Elle est le fondement d’une compréhension plus juste de notre présent et d’une construction collective plus solidaire de notre avenir à Lyon et partout où les peuples africains et leurs descendants contribuent à la richesse du monde.
Prochain rendez-vous : retrouvez toutes nos actions mémorielles et nos événements à venir sur notre page dédiée à la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.
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