Le devoir de mémoire est au cœur de notre engagement à Africa50 Lyon. En 2025, nous nous sommes rendus à la maison SOPE pour un moment d’échanges autour de la mémoire, un rendez-vous qui illustre notre volonté de faire vivre l’histoire collective et de transmettre les récits trop souvent oubliés aux nouvelles générations. Ce temps de rencontre a confirmé que la mémoire de la traite négrière et de l’esclavage ne se limite pas aux commémorations officielles, mais s’enracine aussi dans ces espaces intimes de parole et de partage.
La maison SOPE, un lieu de mémoire vivante à Lyon
La maison SOPE constitue un espace précieux dans le paysage lyonnais des lieux de mémoire afro-descendante. Située dans notre métropole, elle offre un cadre propice aux échanges authentiques sur les questions historiques qui façonnent encore aujourd’hui nos sociétés. Nous avons choisi ce lieu pour y conduire notre réflexion collective car il incarne cette approche résolument vivante du devoir de mémoire, loin des seuls discours institutionnels.
Nos échanges ont porté sur les multiples dimensions de la mémoire de l’esclavage. Des membres de notre association ont pu rappeler l’importance de comprendre la traite négrière dans sa globalité, de la capture en Afrique jusqu’à la déportation vers les Amériques. La présence de témoins et de chercheurs a enrichi nos discussions, permettant de lier passé et présent avec une acuité particulière. Ce qui nous a marqués, c’est cette capacité du lieu à générer une parole libérée, où chaque participant apporte sa propre histoire familiale ou son questionnement intellectuel.
Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique que nous souhaitons pérenne à Africa50 Lyon. Nous avons toujours considéré que la mémoire se construit dans la répétition des gestes, la régularité des temps de parole et la fidélité aux lieux qui la portent. La maison SOPE s’impose désormais comme l’un de ces repères essentiels dans notre calendrier annuel.
Pourquoi le devoir de mémoire reste-t-il indispensable en 2025 ?
La question du devoir de mémoire mérite d’être posée avec franchise. Pourquoi, en 2025, continuer à revenir sur ces pages douloureuses de l’histoire ? Nous y voyons plusieurs réponses, que nos échanges à la maison SOPE ont illustré avec force.
Une mémoire qui éclaire les inégalités contemporaines
Les discriminations structurelles que subissent encore les populations afro-descendantes en France et en Europe trouvent partiellement leur origine dans l’histoire coloniale et esclavagiste. Comprendre ces filiations, c’est disposer d’outils pour mieux combattre les préjugés d’aujourd’hui. Nous avons pu le vérifier lors de nos discussions, où des jeunes participants ont fait le lien entre l’histoire de leurs ancêtres et leurs propres expériences du racisme quotidien dans la région lyonnaise.
La transmission comme acte de résistance
Transmettre la mémoire de l’esclavage, c’est aussi résister à l’oubli organisé. Pendant des décennies, cette histoire a été marginalisée dans les programmes scolaires et l’espace public français. Les collectifs comme le nôtre, réunis autour de la diversité de nos associations membres, participent activement à cette reconquête mémorielle. À la maison SOPE, nous avons entendu des témoignages poignants de familles qui découvrent tardivement l’origine de leur nom ou l’histoire de leurs ancêtres esclavisés, révélant les blessures de la transmission interrompue.
Quel rôle les associations lyonnaises peuvent-elles jouer dans ce devoir de mémoire ?
Cette question a animé une partie significative de nos échanges. Nous pensons que les associations comme Africa50 Lyon occupent une position singulière. À la croisée des mémoires familiales, académiques et institutionnelles, nous pouvons traduire des savoirs parfois hermétiques en parole accessible. Notre ancrage dans le tissu associatif de l’Auvergne-Rhône-Alpes nous permet de toucher des publics que les musées ou les universités n’atteignent pas spontanément. La maison SOPE fonctionne selon une logique comparable, ce qui explique la convergence de nos démarches.
Les temps forts de notre rencontre à la maison SOPE
Notre après-même de réflexion s’est structurée autour de plusieurs temps forts. Un premier moment a été consacré à la présentation des travaux de mémoire menés par différentes associations lyonnaises au cours de l’année 2024. Nous avons notamment évoqué notre participation à la cérémonie du Tata Sénégalais de Chasselay et aux autres commémorations qui rythment notre calendrier.
La discussion s’est ensuite orientée vers les perspectives pour les mois à venir. Nous avons échangé sur les défis pratiques du devoir de mémoire : comment financer ces initiatives, comment former de nouveaux porteurs de parole, comment intégrer davantage les jeunes générations. Ces questions concrètes ont donné à notre rencontre une dimension utile qui dépasse la seule réunion de sensibilisation.
Un temps de convivialité a conclu cette rencontre, permettant des échanges informels qui souvent cimentent les engagements les plus durables. C’est dans ces conversations latérales que naissent les collaborations futures, les idées d’actions conjointes, les solidarités renouvelées.
Ce que nous portons ensemble vers l’avenir
Revenir de la maison SOPE, c’est revenir avec la conviction renforcée que le devoir de mémoire est un travail de longue haleine. Nous ne mesurons pas notre action à l’aune des événements médiatisés, mais à la régularité de notre présence sur ces sujets. Chaque rencontre, chaque échange, chaque transmission réussie constitue une victoire contre l’amnésie collective.
Nous appelons toutes celles et ceux qui partagent cette sensibilité à nous rejoindre, à participer à nos prochaines initiatives, à enrichir de leur propre histoire cette mémoire que nous construisons ensemble. La maison SOPE restera pour nous un lieu de retour, un repère dans le paysage lyonnais où l’on peut reprendre souffle, ressourcer sa réflexion et repartir avec des énergies renouvelées.
Le chemin est encore long avant que la mémoire de la traite négrière et de l’esclavage occupe la place qui lui revient dans la conscience collective française. Mais des pas sont faits, ici à Lyon, dans la métropole lyonnaise, grâce au travail obstiné des associations et des militant·es. Nous sommes fiers qu’Africa50 Lyon contribue à ce mouvement collectif, porté par la diversité des origines et l’unité des engagements.
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