« Seul.e, on va vite ; ensemble, on va loin »
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2025 en chiffres : 32 associations membres · plus de 30 associations mobilisées · 22 événements autour de la rumba congolaise · des milliers de participants · 4 axes stratégiques consolidés.
Avant-propos
2025 a été une excellente année pour Africa 50. Le Collectif a maintenu ses activités récurrentes et en a développé de nouvelles, notamment avec des partenaires dont certains sont nouveaux. Il a pu ainsi s’investir pleinement dans ses projets et participer à des dynamiques publiques, institutionnelles et associatives convergentes avec ses missions et ses valeurs.
Les temps forts de l’année :
- la journée d’hommage et de commémoration du 3 mai : Nécropole nationale du Tata sénégalais de Chasselay, Nécropole nationale de la Doua à Villeurbanne, projection du documentaire sur le Tata sénégalais et conférence sur les massacres de Thiaroye à Vaulx-en-Velin, avec les acteurs vaudais et la Municipalité ;
- le Festival SOÏO MUNDO, avec le CMTRA (Centre des Musiques Traditionnelles en Rhône-Alpes) et la MJC Jean Macé (Lyon 7e) ;
- le Festival des solidarités ;
- le Festival de la Fraternité ;
- le Festival ARTA SACRA ;
- l’initiative de la Métropole « Mois de Mai, Mois de l’Europe, Europe de Paix » ;
- la Biennale des associations de Villeurbanne ;
- le projet de Guide du « Lyon (dé)colonial » ;
- le partenariat avec le Musée des Confluences, dans le cadre du projet Rumba.
Une situation qui reste fragile :
- Financièrement : les finances du Collectif reposent sur les subventions historiques de la Ville de Lyon et de la Métropole de Lyon, aujourd’hui en baisse : réduites de moitié côté Ville en 2023 et 2025 (après une année blanche en 2024), et de 3 000 € côté Métropole en 2026. La gestion « bon père de famille » du Collectif a permis de constituer un fonds propre pour franchir ces caps difficiles.
- Humainement : pas de salariés, le Collectif repose sur l’engagement bénévole de ses membres. C’est une fragilité, mais aussi sa force.
- Logistiquement : l’absence de local de permanence empêche d’accueillir des stagiaires et des emplois aidés qui faciliteraient le fonctionnement.
Le Collectif remercie ses partenaires institutionnels (Métropole et Ville de Lyon, DRAC, Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage, DILCRAH) et ses partenaires d’action. Rien n’aurait été possible sans les bénévoles des associations membres, véritables chevilles ouvrières de chaque événement, qui ont incarné la devise du Collectif.
Poursuivons, ensemble !
1. Présentation de l’association
(En savoir plus : qui sommes-nous)
1.1 Historique
Créé en 2010, le Collectif Africa 50 réunit aujourd’hui trente-deux associations membres. Il est né de la rencontre entre les diasporas africaines et les élus de la Ville de Lyon et du Grand Lyon (aujourd’hui Métropole de Lyon). L’occasion fut le cinquantenaire des indépendances africaines de 1960 : dix-sept pays africains, dont quatorze anciennes colonies françaises, accédaient à l’indépendance cette année-là. Plusieurs associations de ressortissants voulaient organiser un événement et sollicitaient le concours financier des deux collectivités, qui entretenaient depuis des années des relations de coopération avec leurs homologues d’Afrique. Devant la multiplicité des demandes, les élus ont invité les associations à présenter un programme intégré. Elles ont alors construit un programme multi-acteurs et multisectoriel autour du thème « L’Afrique : hier, aujourd’hui et demain ».
Tout au long du mois de juin 2010, ce thème a été décliné sous des angles variés : culturel et interculturel, économique, politique, historique et mémoriel, artistique et festif. L’évaluation a été unanime : les événements avaient largement répondu aux attentes des Grands Lyonnais. L’initiative a donc été pérennisée, en phase avec les politiques publiques des deux collectivités en matière de diversité, de dialogue interculturel, de cohésion sociale et de vivre-ensemble, et avec les valeurs de dignité humaine, de liberté, d’égalité et de fraternité, chères aux cultures africaines comme à la République française.
Le Collectif s’est donné pour devise : « Seul.e, on va vite ; ensemble, on va loin », traduction d’un proverbe africain sur la marche, le compagnonnage et le soutien mutuel : si tu veux marcher vite, marche seul.e ; si tu veux marcher loin, marche avec les autres.
1.2 Quatre axes-piliers
Développer la connaissance et l’inter-connaissance, à partir de notre histoire commune (Afrique, France/Europe, Amérique, Caraïbe). Il s’agit de transmettre l’histoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions, puis celle de la colonisation, des luttes pour la décolonisation, des indépendances et de la post-colonisation. Ces éléments font partie intégrante de l’histoire de la France, de l’Europe et du Monde. Les replacer dans le contexte des relations entre la France, l’Europe, l’Afrique, les Amériques, la Caraïbe et l’Océan Indien permet de bâtir un récit national inclusif et partagé, qui éclaire la diversité française.
- C’est notre histoire !
- C’est notre héritage ! Il faut rassembler les mémoires en valorisant les héritages culturels, artistiques et humains de cette histoire, et construire un avenir plus apaisé, au-delà de la victimisation et de la culpabilisation. Il faut aussi déconstruire nos imaginaires et représentations, marqués par l’horreur de l’esclavage et de toutes formes de domination et d’exploitation, et par la haine du préjugé (de couleur notamment) et ses corollaires : discriminations, exclusions, communautarismes, xénophobie, racisme.
- C’est notre défi ! Construire des relations plus respectueuses de la dignité humaine, inspirées des valeurs africaines et républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité, avec l’engagement des citoyens et des institutions contre le racisme, les discriminations et les formes contemporaines de l’esclavage. Et construire des cités, des nations et un monde trans-inter-culturels, plus inclusifs et plus paisibles.
- C’est notre mission commune ! (1) Accueil, hospitalité, solidarité et transmission intergénérationnelle ; (2) éveil, soutien et accompagnement de la conscience et de l’engagement citoyens, défense et promotion des droits ; (3) mobilisation des moyens de notre ambition (humains, financiers, matériels), en interne par des commissions de travail, en externe par des partenariats publics, privés et associatifs ancrés dans les territoires.
Toutes les actions s’inscrivent dans les grandes thématiques des nouveaux statuts, adoptés en février 2024 : égalité des droits et citoyenneté ; jeunesse et éducation ; histoire, mémoire et mobilités humaines ; cultures et interculturalité ; économie, environnement et développement durable.
1.3 Convictions et valeurs : l’esprit Ubuntu
Le Collectif est convaincu que la culture est le fondement et la finalité du développement humain. Pour faire des choses qui ont du sens et qui durent, il faut allier l’action et l’esprit. Paraphrasant André Malraux, les hommes et les femmes unis par l’esprit et par l’action accèdent, comme ceux unis par l’amour, à des domaines inaccessibles seuls. Cet esprit, c’est celui de la philosophie Ubuntu des peuples bantu : « je suis parce que nous sommes ; et puisque nous sommes, je suis ».
Umuntu Ngumuntu Ngabantu, en zoulou et en xhosa, signifie « l’homme est homme avec les hommes ». On ne naît pas humain, on le devient grâce aux autres. Nelson Mandela et Mgr Desmond Tutu ont incarné cet esprit : le premier avec la « Nation-Arc-en-Ciel », inclusive et sans discriminations ; le second avec sa quête exigeante de Vérité et de Réconciliation dans la justice.
Le Collectif veut développer le « Cycle Ubuntu » : des partenariats avec universitaires, chercheurs, institutions publiques et privées, militants associatifs, élus et formations politiques, pour échanger autour des enjeux de société (faire société ensemble, migrations et mobilités, environnement, partage des richesses, coopération et solidarité internationales).
La Charte du Manden en est la traduction juridique dans l’espace ouest-africain. Considérée comme la première déclaration des droits humains, inscrite en 2009 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, elle a été proclamée à l’intronisation de Sundjata Keïta, empereur du Mali, fin 1222. Elle pose le respect de la vie humaine, la liberté individuelle et la solidarité.
Le nouveau Bureau et le Conseil d’administration ont engagé cette démarche de refondation avec un premier séminaire le 22 mars 2025 sur les fondamentaux du Collectif. D’autres rendez-vous suivront en 2026. Les valeurs de l’Ubuntu et de la Charte du Manden font écho à celles de la République française, Liberté, Égalité, Fraternité, une convergence qui permet de s’inspirer des unes et des autres, sans exclusive.
2. Cultures & interculturalité
Sagaly 2025 — samedi 15 novembre, Maison des Italiens (Lyon 3e)
Voyage culinaire autour des saveurs africaines : dégustations, découverte de produits, présentation de restaurants et moment festif interculturel. Forte mobilisation, public familial, participants très divers. Étaient présentes Hélène Duvivier, vice-présidente de la Métropole de Lyon en charge de l’international, et Isabelle Lagarde, du service de la coopération internationale de la Métropole chargée des acteurs locaux.
Une collaboration engagée avec Onyesha Africa, association dédiée à la valorisation des cultures africaines et des dynamiques économiques des diasporas. Elle a présenté une étude sur l’offre culinaire africaine dans la Métropole de Lyon, qui a permis de valoriser les initiatives entrepreneuriales africaines, de renforcer la visibilité des acteurs de la restauration africaine et d’ouvrir des perspectives de structuration et de reconnaissance de cette filière.
→ Voir l’événement : Sagaly 2025, un voyage culinaire au cœur des saveurs africaines · Sagaly 2025, saveurs d’Afrique à Lyon
FIMEC 2025 — Festival Interculturel de Musiques et Chansons
Samedi 7 juin 2025 au Centre culturel Jean Moulin de Mions, avec la Compagnie de Sète à Yaoundé, le FIMEC a promu les talents artistiques des diasporas africaines. L’artiste Louis Essem a captivé le public par son énergie, sa sensibilité et son engagement, valorisant la richesse des expressions musicales africaines. Cette édition a confirmé le festival comme rendez-vous culturel fédérateur, lieu de rencontre, de partage et de dialogue entre artistes, acteurs associatifs et publics. (Retour sur la 5e édition, en 2024)
Lyon, capitale européenne de la rumba congolaise
Le Collectif a poursuivi en 2025 ce projet structurant pour inscrire durablement la rumba congolaise dans le paysage culturel lyonnais (ateliers, animations, concerts, médiation) et faire de Lyon un espace de rayonnement de cette musique en Europe, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. 22 événements ont été proposés : conférences et tables rondes, concerts et animations dansées dans l’espace public et privé, plateaux radio, ateliers d’initiation à la danse rumba, défilé de sapeurs.
Objectifs 2025 : mobiliser les compétences sur le patrimoine commun à Lyon ; identifier et valoriser les ressources musicales liées aux parcours migrants ; favoriser la rencontre et le partage d’émotions entre publics ; lutter contre les préjugés et contribuer à des sociétés interculturelles ; renforcer la coopération entre associations et institutions culturelles.
Fête de la Musique, 21 juin : « Rumba de-ci de-là » / Rumba en Fête, place des Pavillons (Lyon 7e-Gerland), avec les artistes Arc-en-Ciel Zola et Ceda Gaz, dans une ambiance festive et interculturelle.
Le calendrier 2025 :
- 25 janvier : animation rumba avec Arc-en-Ciel pour les vœux du Collectif, à Lyon
- 11-12 avril : conférence « Si la rumba m’était contée », à Dunière-sur-Eyrieux
- 27 avril : table ronde sur la musique et la communication, au Carrefour des Cultures Africaines (Lyon)
- 30 avril : émission radio sur la rumba congolaise et les luttes pour l’indépendance
- 17 mai : Fête de l’Europe à Feyzin, célébration de Barthélémy Boganda
- 20 mai : animation avec danseuses pour Mazagran au Printemps (Lyon)
- 24 mai : Journée des Passant.e.s à Lyon, avec Arc-en-Ciel et des danseuses
- 14 juin, 22 juin et 18 octobre : animations rumba au restaurant-bar Ngembo (Villeurbanne)
- 21 juin : Fête de la Musique, concert de rumba congolaise
- 26 juin : journée culturelle congolaise à Lyon, présentation du Projet de valorisation de la Rumba
- 6 juillet : concert BALU & BORUMBA au parc Blandan, suivi d’un atelier de danse
- 17 septembre : participation à un festival à Vaulx-en-Velin
- 20 septembre : animation musicale à Lyon avec Arc-en-Ciel
- 21 septembre : conférence sur la rumba congolaise par le Pr Roger Koudé (UCLy), salle Victor Jara à Vaulx-en-Velin, dans le cadre d’ARTA SACRA
- 26 septembre : conférence et concert de rumba cubaine à Vaulx-en-Velin
- 11 novembre : commémoration des tirailleurs africains à Chasselay, avec animation musicale
- 15 novembre : voyage culinaire à Lyon (Sagaly)
- 12 décembre : rencontre nationale sur les mémoires coloniales à Lyon, avec conférence et animation musicale
- Fin décembre : publication d’un article sur la rumba dans la revue Écarts d’identité
Rencontre littéraire — vendredi 14 novembre
Les Ateliers Frappaz, centre national des arts de la rue et de l’espace public à Villeurbanne, accueillent des auteurs africains en résidence d’écriture. En novembre 2025, ce fut le cas de deux auteurs béninois, Esther Iriko Doko et Comlan Aubin Feligbe. À l’issue de leur résidence, la directrice des Ateliers a sollicité Africa 50, sur recommandation d’Onyesha Africa, pour organiser une lecture publique de leurs textes devant le public grand-lyonnais. Le succès de cette rencontre a conduit le Collectif à les inviter à Sagaly, où ils ont eu un franc succès.
Festival Diasportraits — 6 et 7 décembre
Invité par des étudiants du master Développement, Ingénierie de Projets et Coopération Internationale de Sciences Po Lyon (options Monde arabe et Afrique subsaharienne), Africa 50 a participé à ce festival, qui valorisait la place des diasporas méditerranéennes et d’Afrique subsaharienne à Lyon tout en sensibilisant le public aux défis qu’elles rencontrent. → Festival Diasportraits · pour aller plus loin : la diaspora africaine en France, histoire, visages et engagement citoyen
Biennale des associations de Villeurbanne — dimanche 14 septembre
9e édition de ce rendez-vous bénévole et citoyen (plus de 200 associations, une cinquantaine d’animations, de 10 h à 17 h, avenue Henri-Barbusse et place Lazare-Goujon). Le Collectif tenait le stand n° 84 place Lazare-Goujon pour présenter ses actions, échanger sur la culture, la mémoire, la citoyenneté et l’interculturalité, et valoriser l’engagement associatif autour des cultures africaines et du vivre-ensemble. Cette présence a renforcé sa visibilité et ses liens avec d’autres acteurs. Le Maire de Villeurbanne, ses adjoints et le député de la circonscription, Gabriel Amard, sont passés sur le stand.
Festival des solidarités — du 15 au 30 novembre
Africa 50 a participé au Festisol aux côtés de 47 associations mobilisées autour des 17 Objectifs de Développement Durable : lancement officiel à l’Hôtel de Ville de Lyon le 15 novembre, puis balade urbaine dans le quartier de la Guillotière, avec une halte devant l’Association des Chinois de Lyon, un accueil à la Maison du Projet, une étape au Marché des Sages et une rencontre à la Maison des solidarités locales et internationales (avec son président Ya Mutuale Balume, Edgar Fakambi et Comlan Djomakon) pour présenter la vision et les actions du Collectif. Cette participation a permis de renforcer les ponts entre communautés lyonnaises, de valoriser les initiatives locales, d’inscrire Africa 50 dans une dynamique collective autour des ODD et de nourrir une réflexion sur les solidarités locales et internationales. → Balade découverte du Festival des solidarités
3. Histoire & mémoire
Janvier–mars : profanation et réouverture du Tata sénégalais de Chasselay
Fin janvier (entre le 25 et le 28), plusieurs tombes et le mur d’enceinte du Tata sénégalais ont été profanés et dégradés. Avec ses partenaires du réseau TRACES (Histoire et mémoire de l’immigration), le Collectif a publié un communiqué condamnant fermement cet acte odieux et raciste, qui tendait à effacer la mémoire des soldats africains de la Seconde Guerre mondiale. Unanimement condamné, il a rappelé la nécessité d’une vigilance constante envers les lieux de mémoire.
Le 28 mars, la nécropole a rouvert lors d’une cérémonie présidée par Patricia Mirallès, ministre déléguée chargée de la Mémoire et des anciens combattants, en présence de Marie-Christine Verdier-Jouclas (directrice générale de l’ONACVG), de la préfète du Rhône et de la Région, de nombreux élus (dont les maires de Chasselay et de Lyon et le président de la Métropole) et de militants associatifs. Le Collectif a réalisé pour l’occasion un fascicule compilant les prises de parole et condamnations : « Profanation de la nécropole nationale du Tata sénégalais de Chasselay : réactions et indignations ».
25 janvier : « Subsahariens : de l’indigène au Français »
Soirée organisée avec l’association APASHES au RIZE (Villeurbanne), croisant mémoire, histoire et transmission autour de plusieurs projections : deux courts métrages réalisés par APASHES avec les jeunes du centre social du Tonkin sur l’exposition coloniale de Lyon de 1894 ; des films sélectionnés par le festival international Festimaj et diffusés dans plus de 30 pays ; le documentaire « Les Pionniers Africains de Lyon » (TV5 Monde, TL7, LCP). Objectifs : transmettre l’histoire aux jeunes générations, valoriser les initiatives mémorielles locales, favoriser le dialogue interculturel.
Projet de parcours mémoriel au Parc de la Tête d’Or
Le Collectif et ses partenaires ont poursuivi leur projet de parcours mémoriel consacré à l’exposition coloniale de Lyon de 1894, pour rendre cette mémoire visible dans l’espace public, favoriser la transmission et développer des outils pédagogiques. Après quatre ans de travail, le projet a été retenu au budget participatif de la Ville de Lyon (soutien pouvant atteindre 25 000 €), mais n’a finalement pas été sélectionné à l’issue du vote citoyen, faute d’un nombre suffisant de validations par SMS. Cette étape a toutefois fait reconnaître l’intérêt mémoriel du projet, sensibilisé largement, renforcé les partenariats et inscrit durablement la question dans le débat public local. Africa 50 entend poursuivre cette dynamique.
Les commémorations de 2025
- 3 mai : journée commune avec les partenaires de Vaulx-en-Velin, sous la conduite de la maire Hélène Geoffroy. Le matin, hommage aux soldats africains aux nécropoles du Tata sénégalais (Chasselay) et de la Doua (Villeurbanne), puis visites guidées par un guide du Mémorial national de la prison de Montluc. → Journée du 3 mai
- 8 mai, Marclopt (Loire) : hommage aux soldats morts pour la France, dont les sergents Ba Tangara et Sankhare Mamadou du 25e RTS, abattus le 23 juin 1940 sur la commune. Ya Mutuale Balume et Alexandre Bonche représentaient le Collectif ; le doyen Sadio Ngaïde, figure du travail mémoriel sur les tirailleurs africains, était présent. La cérémonie s’est prolongée par un repas fraternel offert par la municipalité.
- 10 mai, Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions : cérémonie au Parc des Droits de l’Homme à Villeurbanne, avec dépôt de gerbe en hommage aux millions de victimes de la traite négrière et de l’esclavage, prises de parole et recueillement, en présence d’élus de la municipalité.
- 18 juin, montée de Balmont (Lyon) : hommage aux soldats du 25e Régiment de Tirailleurs Sénégalais, dont 27 prisonniers de guerre furent fusillés par les troupes nazies en juin 1940, victimes à la fois de la guerre et d’une violence raciste. Le Collectif porte la reconnaissance du rôle des tirailleurs africains, la transmission d’une mémoire inclusive et la lutte contre toutes les formes de négation historique. Ya Mutuale Balume siège par ailleurs, au titre du réseau TRACES, au Comité Histoire et Mémoire en Ville (CHMV) mis en place par la Ville de Lyon pour réfléchir à une politique globale de toutes les mémoires de son territoire.
- 1er novembre, Nécropole nationale de la Doua (Villeurbanne) : cérémonie de recueillement et de transmission intergénérationnelle réunissant élus, associations, citoyens et membres du Collectif, pour honorer les soldats africains tombés pour la France. → Commémoration à la Doua
- 11 novembre, Tata sénégalais de Chasselay : 85e anniversaire du massacre de juin 1940, avec visite mémorielle, cérémonie officielle, prises de parole et repas africain. Après la profanation de janvier, cette commémoration était une « mémoire blessée, mémoire réparée » : hommage solennel, refus collectif de toute atteinte aux lieux de mémoire, transmission et vigilance républicaine. → Commémoration à Chasselay
- 12 novembre, Cinéma Les Amphis (Vaulx-en-Velin) : projection du film « La Gloire du Chasseur – Thiaroye », en présence de la réalisatrice Diaka Ndiaye, suivie d’un échange et d’un buffet. Elle faisait suite à la participation du Président d’Africa 50 aux cérémonies du 80e anniversaire du massacre de Thiaroye, le 1er décembre 2024 à Dakar, sur invitation du gouvernement sénégalais. → Projection « La Gloire du Chasseur »
- 12 et 13 décembre, CEFEDEM (Lyon) : rencontre nationale inter-réseaux « Mémoires confisquées, mémoires libérées », avec acteurs associatifs, chercheurs, pédagogues et militants, pour échanger sur les enjeux des mémoires coloniales, interroger les mécanismes d’invisibilisation ou de reconnaissance des récits historiques et partager des pratiques favorisant une mémoire plus inclusive. → Rencontre mémorielle de décembre
Le projet de guide « Lyon (dé)colonial »
À l’initiative de TRACES, un groupe de douze personnes (responsables et militants associatifs, universitaires, chercheurs) s’est réuni le 7 juin 2025, en présence du président d’Africa 50. L’objectif est de réaliser un Guide du Lyon colonial, comme il en existe déjà dans sept villes (Paris, Bordeaux, Marseille, Soissons, Rouen, Périgueux, Le Havre), édités aux éditions Syllepse. L’envie est partagée par plusieurs associations lyonnaises, et des collectifs demandent aussi à débaptiser certaines rues. Étaient invités André Rosevègue (UJFP, coordonnateur du Guide du Bordeaux colonial et directeur de la collection chez Syllepse), Nora Mekmouche et Soraya Guendouz-Arab (co-coordinatrices du Guide du Marseille colonial), pour partager méthodes, calendrier et vie du projet au-delà de l’édition. Le groupe s’est élargi et s’est réuni les 8 novembre et 20 décembre 2025, puis les 29 janvier et 7 mars 2026, avec Edgar Fakambi et Comlan Djomakon pour Africa 50. Le repérage des traces de la colonisation a été réparti par territoire et arrondissement, à Lyon et dans la Métropole.
4. Droits, citoyenneté & lutte contre le racisme
- 9 mars, Journée internationale des droits des femmes : deux tables rondes au Centre social Bonnefoi sur « Femmes et stratégies innovantes à l’horizon ODD 2030 » : stratégies portées par les femmes dans les dynamiques associatives et entrepreneuriales, leadership féminin et prise de décision, leviers d’égalité et d’autonomisation, articulation entre engagement local et agenda international des ODD.
- 23 mai, conférence-débat « Traites, esclavage et persistance du racisme anti-noir dans l’espace maghrébin », par Salah Trabelsi (professeur d’histoire, Université Lumière Lyon 2), au Carrefour des Cultures Africaines (Lyon). Elle a abordé les formes de traites et d’esclavage dans l’espace maghrébin, leurs continuités historiques et la persistance du racisme anti-noir, avec l’idée qu’un travail historique rigoureux et un dialogue ouvert permettent de dépasser silences et incompréhensions.
- 18 juillet, Mandela Day : organisé à Lyon par le Collectif en présence de Sylvie Tomic, adjointe au Maire de Lyon (accueil et hospitalité, droits et égalités, mémoire, cultes et spiritualités). Lectures engagées, prises de parole, dépôt de gerbes et apéritif ont rappelé que l’héritage de Madiba reste un appel à la justice et à l’engagement citoyen.
- 1er octobre, communiqué « Contre la haine et le racisme : la culture comme rempart, malgré tout » : après l’agression raciste du 26 septembre contre trois artistes invités de la Biennale de la Danse de Lyon (Ben LaMar Gay, Dorothée Munyaneza et Julian Knxx), le Collectif a exprimé sa condamnation ferme et appelé élus, institutions, associations et citoyens à une mobilisation collective. Les artistes ont été pris à partie verbalement, l’un d’eux a été blessé, et la Biennale, les institutions culturelles partenaires et les autorités locales ont aussi condamné ces actes.
- 21 novembre, Festival de la Fraternité : espace de débat citoyen consacré à la valeur la moins interrogée du triptyque républicain, à l’approche des élections locales. Il a permis d’ouvrir un dialogue sur le sens et l’actualité de la fraternité, d’interroger sa place dans les politiques publiques et la vie quotidienne, et de confronter les visions citoyennes de façon respectueuse. La fraternité y est apparue comme un principe structurant du lien social, au-delà de la solidarité ponctuelle ou de l’assistance. → Festival de la Fraternité
- 3 décembre, ciné-débat « Se souvenir pour agir » (Ciné Duchère, Lyon) : projection de « Hanau – Une nuit et ses conséquences », documentaire sur l’attentat raciste du 19 février 2020 en Allemagne, suivie d’une table ronde avec Çetin Gültekin, Mutlu Koçak et Colette Ilunga sur les luttes contre le racisme en Allemagne et en France. Partenaires : Fondation Heinrich Böll-Paris, Institut Goethe-Lyon et Licra. → Projection du documentaire Hanau
5. Vie du Collectif & partenariats
Gouvernance : une structuration consolidée
2025 a marqué une étape dans la structuration du Collectif, avec un renforcement de la gouvernance interne et une clarification des orientations stratégiques à l’approche de ses 15 ans. Bureau et Conseil d’administration ont voulu consolider les fondements tout en préparant l’évolution à moyen et long terme.
Assemblée générale ordinaire — 22 mars, Centre social Bonnefoi (Lyon)
L’AG s’est tenue en présence des associations membres, le quorum étant atteint, conformément aux statuts. Une première séquence (échange sur les fondamentaux avec Bakhita Atindehou, Charles Kabeya et Edgar Fakambi, puis repas partagé) a été consacrée au « retour aux fondamentaux, 15 ans après » : histoire et valeurs fondatrices, grandes étapes, réussites et défis actuels, perspectives d’évolution et d’ancrage territorial. Elle a réaffirmé la vision du Collectif : valoriser les cultures africaines, transmettre les mémoires, renforcer le vivre-ensemble et structurer l’engagement associatif.
Les associations membres, notre force
Africa 50 rassemble trente-deux associations, à découvrir ici : A2P Nord-Sud-Sud · EMPTE-Afrique · ASMRA · La Cour d’Or (bibliothèque jeunesse) · Humanitas Seconde Chance · Mwana Villages · ABRA · DO MASSE France · Lyon-Haïti Partenariats · ACGL · ABL · Onyesha Africa · Compagnie de Sète à Yaoundé · APAL · ANAN · Amitié franco-éthiopienne · Emergence Partners · AREGNIL · SOPE · Ekodafrik.net · La Teranga · FAB LAB Europe-Afrique · Saveurs et Parfum Métissés · AESMALY · CMRA · UFAB Rhône · CTRA · Koyebana TV · APASHES · ARACM
Accueil d’une stagiaire en communication (6 mois)
Dans sa démarche de professionnalisation, le Collectif a accueilli une stagiaire issue d’un Master 2 Communication des organisations (Lyon 2). Ses missions : élaborer la stratégie de communication (360°), créer et diffuser des contenus (réseaux sociaux, supports), appuyer l’organisation des événements et développer les relations presse. Apports : professionnalisation des pratiques, meilleure visibilité des actions, outils et supports mieux structurés. → Rejoignez-nous en stage
6. Bilan de l’année 2025
Une année structurante au service du vivre-ensemble : un rayonnement culturel, un engagement citoyen et un rôle de transmission des mémoires nettement renforcés, autour de quatre axes (cultures, mémoire, citoyenneté, structuration collective). La dynamique est en forte progression : diversification des actions et des publics, renforcement des partenariats institutionnels, inscription durable dans le paysage lyonnais, structuration interne consolidée.
- Rayonnement culturel : Sagaly (cultures culinaires), FIMEC (artistes et diasporas), Rumba en Fête (ancrage dans l’espace public), Journée des Passant.e.s (présence dans les quartiers), Biennale des associations (visibilité et ancrage territorial). Le projet « Lyon capitale européenne de la rumba » a été central, avec plus de 20 actions et une interculturalité renforcée.
- Engagement mémoriel renforcé après la profanation du Tata sénégalais de Chasselay : commémorations et projections favorisant la transmission intergénérationnelle et la reconnaissance des mémoires africaines.
- Lutte contre le racisme : divers événements pour sensibiliser et mobiliser les citoyens.
- Structuration collective : une assemblée générale stratégique et le développement de partenariats confirment le rôle d’Africa 50 comme plateforme fédératrice associative et acteur de référence du dialogue interculturel, à l’interface entre société civile, institutions et territoires.
Une vision cohérente : valoriser les cultures africaines, transmettre les mémoires historiques, promouvoir les droits et l’égalité, renforcer le vivre-ensemble.
7. Défis et perspectives 2026
Une année de consolidation et de projection, dans un environnement plus contraint : consolider les acquis, structurer l’organisation, renforcer l’impact, avec une approche plus ciblée fondée sur la qualité des actions, la cohérence des projets et l’optimisation des ressources.
Orientations : prioriser les actions à forte valeur ajoutée ; renforcer la qualité et la visibilité des projets ; consolider les dynamiques inter-associatives ; maintenir un ancrage territorial fort. L’objectif est de faire d’Africa 50 un acteur structurant du dialogue interculturel, de la mémoire et du vivre-ensemble.
Structuration interne : clarifier les rôles et responsabilités, formaliser les outils de gouvernance (charte, fiches missions) et redynamiser les espaces de coordination, pour une organisation plus lisible et plus fluide.
Actions prioritaires et leviers :
- Renforcer les partenariats et coopérations avec les institutions, collectivités et acteurs culturels. Le partenariat avec le Musée des Confluences autour du projet Rumba, qui croise mémoire, culture et transmission, en est l’illustration.
- S’inscrire dans les dynamiques territoriales : festivals et événements fédérateurs, réseaux associatifs et instances de concertation, actions mémorielles et citoyennes.
- Mieux répondre aux publics : jeunes (actions de transmission), aînés porteurs de mémoire, publics fragilisés (logique inclusive), pour renforcer l’impact social et intergénérationnel.
- Structurer la communication : site internet et réseaux sociaux renforcés, relations presse, outils de diffusion améliorés.
Cap 2026 : consolider l’existant · structurer l’organisation · renforcer les partenariats · prioriser l’impact · développer la visibilité.
Prochains rendez-vous : retrouvez le calendrier du Collectif, la rumba en 2026 avec Mazagran et Sagaly 2026.
